À propos
Parfois le geste est dense, lourd de matières. Je barbouille la toile comme le papier kraft,, j'étale l'ombre et la lumière à pleines mains pour donner un corps à mes silences. Parfois le geste se fait rupture : je déchire le papier, j'aime le cri sec de la page qui se sépare, la beauté brute des contours bléssés. Je m'agace face à l'inconstance de ma main, face à la feuille qui refuse de capituler.
Puis, sans crier gare, l'inattendu s'invite. Un accident de couleur, une courbe imprévue, et je me surprends à aimer ca que je n'ai pas prémédité.
Cette valse incertaine ne m'appartient pas tout à fait. Elle s'écrit à l'encre de mon architecture intime, suspendue au souffle de mes télomères. Au coeur de mes cellules, ces petits gardiens du temps s'étirent, se courbent ou se lassent. Ils sont les chefs d'orchestres secrets de mes élans, les maîtres invisibles de ma patience et de mes colères.
Ma peinture n'est pas le sismographe de mes danses.
Patrick F.
Membre depuis août 2026